j-2410 avant la fin du contrat JC Decaux/Villo

La publicité dans l’espace public était au centre des débats du Parlement bruxellois ce 28 janvier. (PV de la Commission Mobilité ) Et plus précisément son utilité pour financer le système de vélos partagés Villo, déployé par JCDecaux depuis 2009. A l’époque, le contrat entre la Région et JCDecaux promettait des vélos publics partagés performants, à un tarif attractif, sur tout le territoire, et financés en contrepartie par des centaines de panneaux publicitaires dispersés dans nos rues.

Aujourd’hui, le système est décrié. Il semble complètement dépassé. Les députés de la commission Mobilité du Parlement bruxellois ont dénoncé sa mauvaise qualité, et la baisse constante de l’utilisation de chaque Villo : de 140 000 locations/mois en 2017, on est passé à 110 000 locations/mois en 2019. Chaque Villo est utilisé moins d’une fois par jour…

Si vous n’utilisez pas Villo, vous y êtes par contre indirectement confronté tous les jours… En effet, le contrat entre JCDecaux et la Région a permis d’installer dans nos rues :
⦁ 354 panneaux publicitaires de 2 m² (« sucettes »)
⦁ 45 grands panneaux (8 m²) double face
⦁ 250 panneaux supplémentaires aux bornes des stations Villo
⦁ et espace publicitaire sur chaque Villo.

A chaque coin de rue, ou presque, la publicité imposée à votre regard contribue au financement de Villo…

En 2018, la Région et JCDecaux ont signé un nouvel avenant convertir certains Villos en électrique. Il est vrai que l’apparition des trottinettes et vélos électriques concurrents (Billy, Jump, …) ont donné un sérieux coup de vieux à Villo dont le concept (stations fixes) est dépassé. En échange de l’électrification, JCDecaux peut convertir 200 panneaux existants en nouveaux écrans numériques, et installer 15 grands panneaux de 8m² supplémentaires au milieu de notre espace public.

Les députés se sont montrés sceptiques face à l’extension de ce contrat et ont dénoncé son manque de transparence : pas d’accès au contrat, ni aux avenants, ni à l’audit qui a calculé le coût réel de l’exploitation du service, ni à un cadastre précis de la localisation des panneaux. A la lecture du compte-rendu de la Commission du Parlement, on apprend également que le contrat interdit aux communes de percevoir une taxe sur ces panneaux.

Enfin, la qualité même des Villos et du service aux utilisateurs a été fortement critiquée. Les Villos électriques sont peu pratiques (le cycliste doit transporter et recharger lui-même la batterie) ; plusieurs députés soulignant que finalement, le métier de JCDecaux est de vendre un maximum d’espaces publicitaires en rue, pas de gérer ou améliorer la mobilité…

La Ministre Elke van den Brandt a confirmé que le Gouvernement bruxellois ne voulait pas résilier le contrat avec la société JC Decaux, vu le montant des indemnités qui en découleraient. Ce contrat court jusque mi-2026.

Affaire à suivre de près…

Vous pouvez lire l’entièreté des débats sur http://weblex.irisnet.be/data/crb/biq/2019-20/00059/images.pdf

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